.58 JOURNAL ü’uN OFFICIER D’ORDONNANCE.
Jules Favre aussitôt montait à la tribune, et, entermes voilés, proposait de confier une sorte de dicta-ture militaire au général Trochu. Le général dePalikao répondait qu’il avait trop de confiance dansle gouverneur pour croire qu’il accepterait, au méprisde son serment, la position qu’on voulait lui faire.
Les députés restent dans leurs bureaux. La grillea été fermée. Gambetta, dans la soirée, harangue lafoule massée sur les quais, supplie les citoyens d’at-tendre, et annonce une séance de nuit. Puis les ser-gents de. ville et la garde de Paris font évacuer lesabords du Palais-Bourbon.
A cinq heures, l’Impératrice a reçu le récit succincttélégraphique de la catastrophe de Sedan. Elle s’estenfermée seule pour pleurer.
Dans la nuit, à une heure vingt minutes, le généralde Palikao remonte à la tribune. Il annonce que lesnouvelles officieuses sont devenues officielles, et enquelques mots brefs, qui tombent comme des coupsde marteau sur les têtes des députés immobiles etgardant un silence solennel, il raconte le désastre :Mac-Mahon blessé, la capitulation, l’Empereur pri-sonnier.
Puis il demande à la Chambre, dans ces circon-stances exceptionnelles, de remettre la séance aulendemain dimanche, midi.
Jules Favre apparaît; il dépose la proposition dedéchéance, et, acceptant le rendez-vous du ministre,il s’engage à exposer le lendemain les raisons qui ontdicté cette motion.