LE 4 SEPTEMBRE.
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En arrivant sur le quai, après avoir passé sous lavoûte au-dessus de laquelle le bas-relief de Napo-léon III, en César romain, semblait regarder, lui aussi,le Corps législatif, nous tournâmes à droite, longeantla terrasse du bord de l’eau.
Débouchant du pont de la Concorde, une foulebruyante venait au-devant de nous,désordonnée, hur-lant, suivant ou plutôt poussant un homme de tailleélevée, qui, tête nue, ses longs cheveux gris épais etbrouillés, semblait se débattre devant elle. C’étaitJules Favre.
Dès qu’il aperçut le gouverneur, il vint à lui, et, legénéral ayant arrêté son cheval, ils échangèrent à trèshaute voix, afin de dominer les cris de ceux qui lesentouraient, quelques paroles qui parvinrent très dis-tinctement jusqu’à nous :
— Où allez-vous, général?
— A la Chambre.
— C’est inutile. La Chambre des députés n’existeplus. Elle a été envahie par le peuple. On a proclaméla déchéance, et si vous êtes soucieux d’assurer l’ordre,votre place est au Louvre, à votre quartier général, oùvont venir vous trouver les députés de Paris, constituésen gouvernement de la Défense nationale.
— Ah ! dit le général, qui sans autre réflexiontourna bride et revint sur ses pas, au milieu d’unefoule qui grossissait d’instant en instant. Lorsque,pour rentrer dans le Carrousel, nous tournâmes àgauche, Jules Favre continua sa marche, toujoursentouré de ses braillards; ceux-ci, longeant les quais,
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