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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE 4 SEPTEMBUE.

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céens dont le pion a disparu. Fougue joyeuse ! C’estque ces mots qui semblent blasphématoires ne sontpas trop forts. On était joyeux, c’est positif. Joyeux!et le Prussien, sans obstacles devant lui, avait déjàrepris sa marche en avant! Joyeux, et l’une de nosdeux armées était prisonnière! Joyeux! et,depuis dessiècles, jamais nous n’avions subi pareille catas-trophe militaire.

Les uns s’imaginaient de bonne foi que, Napoléondisparu, la paix se ferait le lendemain. Les autres, quisavaient à quoi s’en tenir, ne trouvaient point que cefût trop payer d’un lambeau de la Patrie la chute durégime qu’ils abhorraient. Il y a, au moment où j’écris,dans les honneurs, dans les hauts emplois publics, unhomme, un avocat, à qui j’ai entendu dire sur lesmarches du Palais de Justice: « La disparition del’Empire vaut l’Alsace et la Lorraine. » Et, au fait,pourquoi ne l’aurait-il pas dit, cet homme, lorsqu’unde ses maîtres l’écrivait avec une cynique tranquillité,et le publiait?

Combien étions-nous ce jour-là qui, sans vouloiramnistier l’Empire, disposés môme à faire effort pourlui infliger la punition de ses fautes après la paix,pensions toutefois qu’il eût été sage, patriotique, dele laisser ou poursuivre la guerre ou conclure lapaix, quitte à régler nos comptes entre nous lorsquel’étranger serait parti? Nous n’étions pas nombreux,assurément, et nous étions emportés dans le courantdu délire universel.

C’était extraordinaire. Les gens appartenant aux