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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE 4 SEPTEMBRE.

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ne daignèrent pas me prêter la moindre attention, etcontinuèrent leurs allées et venues sans même marépondre. Enfin, une femme de chambre voulut bienm’écouter, au moment où j’allais sérieusement mefâcher, et consentit à porter ma lettre à M mo Aguado ;celle-ci me fit répondre aussitôt que l’Impératrice étaitpartie, qu’on ignorait où elle était allée, qu’elle espé-rait toutefois lui faire parvenir ma lettre le jour même,d’une manière ou d’une autre, et que, s’il y avait uneréponse, on me la ferait tenir chez le gouverneur

J’avoue qu’à ce moment je crus à un faux départ,et que je me figurai ma lettre déjà arrivée à desti-nation, ou peu s’en fallait. J’étais dans l’erreur. L’Im-pératrice était bien réellement partie. On sait que lamalheureuse souveraine, mettant de côté tout sonorgueil, fit à M. Evans, son dentiste, l’honneur delui demander aide et protection. C’est dans la voiturede ce praticien qu’elle put quitter Paris, et gagnerDeauville, puis l’Angleterre.

Insister davantage eût été déplacé et inutile. Jeredescendis donc, et trouvai, groupés au pied de l’es-calier, deux hommes et trois femmes qui paraissaienten proie à une violente émotion. Les femmes pleu-raient comme des Madeleines, car, sans parler duchagrin réel qu’elles éprouvaient du départ deleur maîtresse, l’incèrtitude de l’avenir, le fameux :« Qu’allons-nous devenir? » leur tirait toutes leslarmes de leur corps.

— Alors, c’est bien vrai ?dis-je à l’une d’elles. L’Im-pératrice est partie?