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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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82 JOURNAL ü’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.

• De retour au Louvre, il me fallut jouer des coudespour gagner le salon des officiers d’ordonnance.Dehors, dedans, dans la cour, dans les couloirs, foulecompacte, bruyante et animée, qui refluait de l’Ilôtelde Ville, où M. Gambetta venait de proclamer le gou-vernement de la Défense nationale, composé deMM. E. Arago, Grémieux, Jules Favre, Ferry, Gam-betta, Garnier-Pagès, Glais-Bizoin, Pelletan, Picard,Rochefort et Jules Simon. Cela n’avait pas été toutseul. Le travail se faisait en public, en pleine cohue,et chacun, suivant la tradition révolutionnaire, criaitle nom de ses candidats. On s’en tint aux députés deParis, et immédiatement surgit la question Rochefort.Rochefort était député, mais Rochefort était à Sainte-Pélagie, mais Rochefort paraissait à tous ces avocatsun personnage un peu fantaisiste. Il n’y avait pasmoyen pourtant de se passer de sa popularité, et l’o-pinion générale fut formulée par M. Picard, je crois :«Il vaut mieux l’avoir dedaps que dehors.» On le mitdedans. Une foule l’avait arraché à la prison et l’ame-nait en triomphe.

Quant au général Trochu, il n’y avait pas eu d’ob-jection, et, d’un commun accord, on lui avait décernéla présidence du gouvernement. C’était cette nouvellesituation qui faisait refluer tant de monde au Louvre.Comme tous les gouvernements qui naissent, le pou-voir nouveau, et surtout celui qui semblait le domineret le personnifier, avait déjà ses courtisans et ses flat-teurs. On se poussait auprès de lui, on se pressait, onse faisait voir. Je crois, Dieu me pardonne, que