84 JOURNAL ü’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
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— Ce n’est pas, dit-il, au moment où la Patrie est endanger, où tous les malheurs semblent s’appesantirsur la France, que j’entends quitter mon poste, déser-ter le péril, éluder les responsabilités. Plus elles serontgraves, plus je croirai de mon devoir de ne pas m’ysoustraire. Mais marcher avec vous, Messieurs, c’estautre chose, et je vous demande avant de vous ré-pondre la permission de vous poser une question.Entendez-vous sauvegarder les trois principes : Dieu,la famille et la propriété? Vous engagez-vous à ne rienfaire contre eux? Vous y consentez? Bien. Dans ce cas,je suis avec vous.
« Nous ne devons avoir qu’une idée : repousser lesPrussiens en maintenant l’ordre intérieur. Je doisajouter encore, et c’est la condition sine qua non demon acceptation, que je serai président du gouver-nement que vous allez former.
Il continua, et Jules Favre, dans son livre, a enre-gistré tout ce discours un peu longuet.
— Il est indispensable que j’accepte ce poste. Mi-nistre de la guerre ou gouverneur de Paris, je ne vousamènerais pas l’armée; et si nous voulons défendreParis, l’armée doit être dans notre main. Je ne suispas un homme politique : je suis un soldat. Je con-nais les sentiments de mes camarades. S’ils ne mevoient pas à votre tête, ils s’éloigneront, et votretâche sera impossible. Ce n’est pas l’ambition qui medicte cette résolution, c’est la conviction que sanselle il n’y a rien à tenter. Si nous avons quelqueschances de succès, ce ne peut être que par la concen-