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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE 4 SEPTEMBRE.

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tration du pouvoir dans une seule main. Commechef militaire, mon autorité doit être sans limite. Jene vous gênerai en rien dans l’exercice du pouvoircivil, mais il faut en coordonner l’action avec celle dela défense, qui est notre devoir suprême. Rien de cequi forme ce double mouvement ne peut m’être étran-ger : c’est une question de responsabilité et de salut.

Je ne suis pas curieux, mais je donnerais beaucouppour avoir vu la tête que firent ces bons apôtreslorsque le général leur demanda avant tout s’ils vou-laient sauvegarder Dieu, la famille et la propriété. Ildut leur paraître extraordinairement arriéré. Du reste,ils s’engagèrent sur l’heure à sauvegarder, ils étaienten humeur de sauvegarder tout ce qu’aurait voulu legénéral Trochu, ce militaire, cet homme d’ordre, dedevoir, d’honneur, qui consentait à les envelopper,pour ainsi p rier, de sa propre respectabilité.

Il leur aurait fait reconnaître le Syllabus, l’infailli-bilité pontificale, et l’immaculée Conception, s’il yavait pensé. Ils acceptaient tout, ils disaient Amen àtout.

Il fut acclamé comme président, sans la moindrecontestation.

Je voudrais aussi avoir pu contempler la stupéfac-tion de ces avocats se trouvant tout à coup en faced’un général qui parlait aussi longtemps et aussi bienqu’eux, sinon mieux, qui arrondissait les périodescomme s’il n’avait fait que cela toute sa vie, et quieût pu plaider à un banc quelconque, ou pérorer àune tribune de façon à leur rendre quelques points.