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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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86 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.

Ce devait être profondément comique.

Du reste, cet exercice oratoire ne fut que le préluded’une infinité de séances semblables.

Plus d’une fois, aux uns ou aux autres, il nousarriva d’accompagner le général jusqu’à la porte dela salle où délibérait le gouvernement, ou de l’y atten-dre. Chaque fois que la porte s’ouvrait pour laisserentrer ou sortir un membre, nous entendions la voixdu gouverneur. Le général parlait sans cesse et bien.Les autres écoutaient toujours.

Ils étaient immobiles et comme hypnotisés. Il lesavait endormis les yeux ouverts. Je ne puis mieux lescomparer qu’à ces volatiles dont on applique le becsur une ligne de craie tracée sur le parquet, et quirestent là, immobiles et en extase.

Le gouverneur avait bien raison de dire d’ailleursque sans lui, la tâche du nouveau gom moment étaitimpossible.

Ce fut lui qui masqua aux yeux de la province, etun peu même de l’étranger, le caractère profondémentillégal et révolutionnaire du pouvoir nouveau.

Certes, le gouvernement impérial avait commis desfautes, des fautes nombreuses, des fautes énormes,des fautes impardonnables, si l’on veut. Il n’en est pasmoins vrai que quitter la Chambre quand le peuple yarrive, se mettre à la tête de ce peuple soi-disant sou-verain, et s’en aller confectionner pour soi un gouver-nement à l’Hôtel de Ville,c’est faire œuvre de factieux.

Et pourtant, en face de la Patrie envahie, comme ildisait; en présence des épouvantables excès qui pou-