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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE VOYAGE DE L'IMPÉRATRICE.

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Elle avait, du reste, consommé une si grande quan-tité de ce dernier médicament, qu’elle s’était donnéde véritables accès de somnambulisme, pendantlesquels, les yeux grands ouverts et fixes, elle sem-blait, étrangère à ce qui se passait autour d’elle,ne pas comprendre ceux qui lui adressaient laparole.

Les deux ambassadeurs avec leurs conseils, leurscraintes fictives, leurs peintures exagérées des pré-tendus maux qui la menaçaient, n’étaient point pourdétruire l’effet du café et du cbloral sur ces pauvresnerfs de femme tendus à se briser.

Ils lui déclarèrent que l’heure de la retraite, de lafuite, était arrivée. On échangea contre un manteauplus sombre la pèlerine trop voyante de Worth, etl’Impératrice emprisonna à la hâte ses magnifiquescheveux dans une petite capote noire de M mo Virot,dont elle noua fébrilement les brides sous son men-ton. Elle prit à la main un de ces petits sacs danslesquels les femmes enferment leur bourse, leurmouchoir, leur carnet, et, donnant le bras au princede Metternich, elle suivit, à travers le Louvre, M. Nigraqui avait offert son bras à M m ° Lebrcton, sa lectrice,celle-ci n’ayant pas voulu quitter la souveraine.M m ’ Lebreton est, on s’en souvient la sœur duvaillant et si souvent victorieux soldat qui s’appelleDourbaki.

On arriva ainsi jusqu’à la colonnade de Louis XIV,en face de l’église Saint-Gcrmain-l’Auxerrois, et c’estlà, devant la grille dorée, que l’Impératrice et M me Le-