LE VOYAGE DE L’iMPÉRATRICE.
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râlement moins — ne réunirent pas, entre eux tous,une somme de cinq cents francs pour cette ambulance,qui fut tout de même qualifiée d’américaine.
AI. Evans seul en supporta toutes les charges. Etcomme il n’eut pas seulement des blessés à soigner,mais aussi assez souvent des hommes valides à nour-rir,— à commencer par son ministre, M. Washburne,— lorsque les comptes furent faits, après avoir dis-tribué des secours aux prisonniers de guerre enAllemagne, il se trouva que ce généreux citoyenaméricain avait donné douze cent mille francs à lapatrie française. C’était, on en conviendra, payerroyalement l’accueil que lui avait fait Paris ; c’étaitracheter, à lui seul, toute la vilenie de ses compa-triotes, les manifestations qu’ils se sont permisescontre nous, et le mal réel qu’ils nous ont fait.
Arrivée chez le docteur, et introduite dans sonsalon, l’Impératrice, sanglotant, lui dit:
— Alon cher monsieur Evans, vous seul pouvez mesauver. Tout le monde m’a abandonnée. Je ne puisplus compter sur personne. Je veux fuir, je veux quit-ter cette ville ingrate, et je viens vous supplier de mefournir les moyens de passer en Angleterre 1
Le docteur Evans connaissait l’Impératrice à l’é-poque où elle n’était encore que Al IIe de Montijo, etlui avait, avant ses grandeurs, rendu quelques petitsservices. Aussi avait-il toujours eu ses grandes et sespetites entrées aux Tuileries, auprès de son impérialecliente. Et dans leurs rapports il y avait non seule-ment la confiance, mais encore la cordialité. Il n’était
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