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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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LE VOYAGE DE L’IMPÉRATRICE.

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La responsabilité que je prends est considérable, etje veux m'efforcer de justifier la confiance que VotreMajesté a daigné placer en moi.

Il sortit du salon, dont il ferma la porte pourqu’aucun indiscret n’y pût pénétrer et surprendreles deux fugitives.

— Me voilà, malgré moi, associé à ceux qui font del’histoire, se dit le docteur. Cette malheureuse femmedélaissée par tout le monde, résignée à cet abandonuniversel, ne pouvant ni ne voulant, par conséquent,s’adresser à aucun de ceux qui, hier encore, s’appe-laient ses sujets, et recourant à un citoyen américainpour sortir de France, me met dans une situationsingulière, délicate. Il faut avant tout que je ne fasserien qu’en présence de témoins, qui puissent dansl’avenir, si besoin est, certifier ma bonne foi, maloyauté.

Faisant alors appeler son compatriote et son meil-leur ami le docteur Crâne, qui arriva aussitôt, il luirévéla ce qui se passait, et le pria de se tenir prêt àpartir avec lui le lendemain matin.

Le but du voyage de l’Impératrice était l’Angle-terre, et la fugitive se refusant absolument à prendrele chemin de fer par crainte d’être reconnue, insultéepeut-être, il était trop tard pour organiser ce jour-làle départ.

Le docteur arrêta donc son plan dans sa tête, et revintannoncer à l’Impératrice qu’il fallait qu’elle acceptâtsous son toit l’hospitalité d’une nuit. La pauvre femme,à la fois abattue physiquement et surexcitée morale-