100 JOURNAL d'un OFFICIER D’ORDONNANCE.
ment, passa la nuit du i au 5 septembre dans lachambre de M me Evans, alors en villégiature à Deau-ville. On dressa pour M me Lebreton un lit improvisé,au pied de celui de l’Impératrice.
Le 5 septembre, au matin, l’Impératrice, reposée etun peu plus maîtresse d’elle-même, reprit sa toilettede la veille. Seulement, comme la petite capote àbrides lui laissait le visage absolument à découvert,elle prit un chapeau rond appartenant à M me Evans,et s’entoura la tête d’une voilette épaisse qui suffisaità la rendre méconnaissable.
On prit place dans le landau du docteur, voitureconfortable à caisse brune. Sur le siège, le cocher etle valet de pied, livrée grise à collet noir, ignorantabsolument quelles personnes accompagnait leurmaître.
L’Impératrice s’assit au fond à droite. A côté d’elles'installa M m0 Lebreton, et les deux docteurs améri-cains occupèrent la banquette de devant.
Par l’une des grilles qui donnaient sur l’avenueMalakoff et qu’ouvrit, le jardinier, on partit à fond detrain pour Deauville.
La grosse question était celle de la sortie de Paris.La porte Maillot était obstruée par une barricade gar-dée par un poste de gardes nationaux. Il fallait franchircet obstacle sans que l’Impératrice fût reconnue.
Comme je devais le faire quatre mois plus tardlorsque j’emmenai Jules Favre à Versailles, M. Evanssortit à mi-corps par la portière de droite, pourdemander aux gardes nationaux des indications sur