LE VOYAGE DE L’iMPÉRATRICE. 101
la route. La voiture passa lentement et franchit labarrière.
On était sauvé.
L’Impératrice se comporta comme se fût comportéetoute femme à sa place : au lieu de se réjouir, elle semit à pleurer.
On gagna Saint-Germain. On fit halte quelquesminutes sur la grande route, puis on poursuivit,malgré la fatigue des chevaux du docteur. Quand ilsfurent à bout de forces, à Mantes, M. Evans descenditdu landau, y laissant ses compagnes de voyage sousla garde de son collègue, et Unit par se procurer unberlingot à quatre places attelé de deux bétes asseztristes. On laissa le landau et on repartit.
Les difficultés des relais furent d’ailleurs les seulespéripéties sérieuses du voyage.
Dans un petit village appelé LaCommanderie, l’atte-lage fourbu s’arrête, et se résigne à subir sans bougertout les coups de fouet. Le docteur Evans se met enquête, découvre sous un hangar une calèche qui doitavoir vu les alliés. Un paysan s’offre à aller dans leschamps chercher des chevaux. On accepte, et on attelledeux vieilles rosses à la vieille voiture. La propriétairetrouve l’équipage si réussi qu’elle dit au docteur :
— Vous voyez bien qu’une reine ferait son affaired’une aussi belle voiture.
L’Impératrice frissonne. Elle se croit reconnue. Iln’en est rien. Le hasard seul a amené cette actualité,comme on dit, sur les lèvres de la bonne vieilledame.
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