CHEZ L’IMPÉRATRICE.
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ses forces. Cédant tout à coup, il s’ouvrit avec le bruitmétallique de piles d’or et d’argent venant frappercontre la serrure.
— Qu’est-ce encore que ceci? s’écria M. de Kératry.
Un fonctionnaire répondit en s’inclinant profondé-ment :
— Ce sont les fonds secrets !
— Les fonds secrets ! Qu’on enlève cet argent, qu’onle compte... Il n’y aura rien de secret sous mon admi-nistration.
Et tout le personnel, absolument médusé, regardaitle préfet avec de grands yeux effarés.
Le comte de Kératry, à l’urbanité, au tact et à l’im-partialité de qui je ne saurais assez rendre hommage,et que j’ai été à même d’apprécier pendant son séjourassez court à la Préfecture de police, a dû apprendrebien vite que si la mauvaise foi est l’âme de la poli-tique, l’argent est l’âme delà police.
J’imagine que la somme enlevée a été promptementréintégrée dans le tiroir des fonds secrets, et que laprovision a été renouvelée plus d’une fois pendant lesiège.
L’inspection terminée, tout le monde s’étant retiré,le préfet me fit asseoir à ses côtés dans un grand fau-teuil, et je lui exposai ma requête.
— Vous avez raison, me dit-il, il serait honteux quela femme qui a été pendant dix-huit ans la souveraineadulée de la France, fût obligée d’acheter une chemisepour changer de linge. Voyez Picard, aux finances.Quant à moi, je vous approuve.