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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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114 JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.

Tout ce que put obtenir le général Berthaut, c'estque la garde mobile se contenterait d’élire des délé-gués , qui s’en iraient à Paris pour s’assurer si l’onétait réellement en République,de quelle couleur étaitle gouvernement, et qui viendraient rendre à leurscamarades compte de cette démarche aussi peu mili-taire que possible.

Seulement, à ces quelques individus investis d’unemission à peu près régulière, d’autres mobiles sejoignirent d’eux-mêmes, qui mettaient leur libre arbi-tre au dessus de la consigne. Cette bande d’hommesen costume militaire, accrue d’un grand nombre decitoyens racolés aux barrières et dans le faubourgSaint-Antoine, était forte de plusieurs milliers domanifestants quand elle arriva chez le général Trochu.

La rue de Rivoli était obstruée, la cour envahie, lesplates-bandes de fleurs écrasées. Le général, réclaméà grands cris, était sorti tel qu’il était dans son cabi-net, en veston et tête nue.

Du haut des quelques marches qui séparaient l’en-trée de ses appartements du sol de la cour, il haran-guait la foule.

Sans respect pour sa personne, pour sa fonction,les manifestants s’étaient bousculés et poussés jusqu’àce que le perron et le grand escalier fussent envahis.Et ils étaient si compacts que le gouverneur n’auraitpu faire un geste sans toucher les plus rapprochés deses auditeurs.

A sa droite, trois ou quatre marches au-dessous delui, M. Garnier-Pagès, tête nue également, avec ses