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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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CHEZ L’IMPÉRATRICE.

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longs cheveux blancs séparés sur le front et tombantsur ses épaules à la Chérubin, la figure enveloppée,pour ainsi dire, dans son gigantesque et légendairefaux-col, comme un bouquet dans une feuille dopapier, avait pensé qu’en sa qualité de membre dugouvernement il devait, lui aussi, placer un petit dis-cours. Enfin, au milieu de la cour,Rochefort, à la têtesi caractéristique et si dure, Rochefort, dont les traitssemblaient sculptés dans du buis, était entouré, fêté,et pressé à en perdre la respiration.

Du reste personne n’écoutait les orateurs, et tout lemonde parlait à la fois. Il n’y avait pas de raisonpour qu’une telle scène de désordre finît jamais.

En passant sous la voûte, j’avais été saisi au braspar M. Pollet,notre commissaire de police, qui m’avaitdit :

— Comment allons-nous nous débarrasser de tousces gens-là?

Pensant qu’en effet, c’était rendre un service véri-table au gouverneur que de porter sur un autrepoint cette manifestation enthousiaste, révolution-naire et inutile, je voulus me frayer un passage jus-qu’à lui.

Porté plutôt que poussé, j’arrivai jusqu’à M. Garnier-Pagès. Il parlait de 1848, de Louis-Philippe et deLamartine. Quelques coups de coude me rappro-chèrent enfin du général Trochu qui pérorait toujours.Pour ne pas le gêner, je me plaçai derrière lui, et luicoupant fort irrévérencieusement la parole:

— Je suis, mon général, lui dif^-je tout bas, un do