CHEZ L’IMPÉRATRICE.
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— Où allons-nous? me demanda Rochefort.
— Je vais yous conduire à l’Hôtel de Ville, et aprèsvous avoir demandé un premier service, je désire quevous m’en rendiez un second. Il consistera à direquelques mots à cette foule, afin de l’engager à mesuivre. J’espère par ce moyen ramener tous ces mo-biles jusqu’au camp de Saint-Maur; car leur présenceà Paris, dans l’état de surexcitation où ils sont, pour-rait amener les plus graves désordres.
Ce programme fut exécuté ponctuellement.
Et, après quelques paroles prononcées par lui aumilieu d’un silence qui m’étonna, et que son prestige,immense à ce moment, pouvait seul imposer aux mas-ses, Rochefort disparut dans l’Hôtel de Ville, me lais-sant avec les mobiles.
Un lieutenant qui avait été chargé de conduire àParis les délégués du camp de Saint-Maur, M. d’Orgeval,me rendit alors un réel service. Un seul homme nepeut pas grand’chose. Deux hommes unis multiplientpar quatre leurs forces matérielles et morales.
Nous organisâmes notre troupe militairement. Lescurieux nous abandonnèrent; le porte-drapeau et unequinzaine d’hommes qui l’accompagnaient disparu-rent dans la boutique d’un marchand de vins, et nousn’eûmes bientôt devant nous que quelques centainesde mobiles résignés et respectueux. Ils nous suivirent,sans dire un mot malsonnant, jusqu’au camp de Saint-Maur, ce qui, entre nous, est une très jolie trotte.
A la barrière du Trône, comme toute bonne actionmérite sa récompense, je tins a leur témoigner ma