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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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«8 JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.

satisfaction de les voir si dociles, si militaires. Jecommandai : Halte! devant un café. Deux tonneaux devin furent roulés dehors, mis sur champ et défoncésavec promptitude. Nos hommes, se mettant sur deuxfiles, vinrent l’un après l’autre puiser avec des chopesdans le rouge liquide français. Us étaient contents, etde ce rafraîchissement improvisé et d’eux-mêmes, cequi ne gâte rien. Il faisait chaud. Ils avaient beaucoupparlé, beaucoup chanté et beaucoup marché.

Une heure plus tard, au camp de Saint-Maur,j’avais l’honneur de rendre compte au général Ber-thaut de la mission que je m’étais arrogée, et deremettre sous son commandement ma petite trouperangée à quelques pas en bataille, sous les ordres deM. d’Orgeval.

Lorsque je rentrai h Paris par le chemin de fer,le gouverneur m’attendait au Louvre. Il avait donnél’ordre qu’on le prévînt de mon retour et qu’on m’in-troduisît immédiatement auprès de lui. En me voyantentrer, il se mit à rire, me remercia de la prompti-tude avec laquelle je l’avais débarrassé de tous cesbraillards, et pour la première fois, en dehors du ser-vice, nous causâmes d’homme à homme, et non degénéral à officier d’ordonnance. Il voulut bien mequestionner sur mon passé, ma famille, et m’engagerà prendre un repos dont, croyait-il, je devais avoirgrand besoin. La glace était rompue entre nous, et,dès ce jour, le général me témoigna une confiance etune bienveillance que je me suis toujours efforcéde mériter.