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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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chez l’impératrice.

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Il s’agissait bien de se reposer, vraiment. Et lesjupons de l’Impératrice! Je l’avoue, j’en fais la con-fession, et que les messieurs Prudhomme de toute laterre me fassent la morale si cela leur convient, maisil me semblait qu’après avoir pratiqué la foule dé-penaillée et braillarde, il serait bon de pénétrer dansun cabinet de toilette féminin encore tout imprégné,tout embaumé de la présence d’une jolie souveraine.L’odeur de la sueur et du vin me faisait désirer lessuaves et discrètes émanations de l’iris. On n’a pastoujours vingt-cinq ans !

Fidèle au rendez-vous, et faisant les cent pascomme une petite bourgeoise en bonne fortune, jetrouvai dans la rue de Rivoli la femme de chambrede l’Impératrice. Je m’étais fait accompagner du fidèleJoseph, complètement transformé, devenu, de filsd’Albion qu’il était, ordonnance d’un officier français,et à peu près remis de ses mésaventures du camp deChâlons. Je m’étais muni d’un laissez-passer spécial etpourvu de toutes les signatures de la Saint-Jean. Jen’eus donc qu’à suivre la camérière pour pénétrer sansobstacle dans les appartements privés.

Je mentirais si je disais que le désordre y était à soncomble. Pourtant on y pouvait constater les prépa-ratifs inachevés d’un départ précipité. Tout était dansl’état où l’Impératrice l’avait laissé au moment de safuite, et il était difficile, à première vue, de se défendrecontre l’impression qu’on éprouve à l’aspect d'un lieula veille encore animé, où la vie a été brusquementinterrompue par un cataclysme.