CHEZ L’IMPÉRATRICE.
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trice était en Angleterre. Elle avait, en effet, conçule projet de s’y rendre, et en avait parlé à quelquesintimes, qui, naturellement, avaient raconté celapartout. Ce fut donc pour l’Angleterre que partitmon ordonnance,avec ordre de remettre directementà l’Impératrice tous ces colis.
Comme toutes les gares de Paris, la gare du Nordétait en ce moment un endroit des plus curieux. Lachute de l’Empire, la révolution, toute pacifiquequ’elle eût été, le départ de l’Impératrice, la craintedes souffrances du siège qui allait commencer, enfinl’horreur de l’inconnu, avaient inspiré à tant depersonnes l’idée de s’en aller avec ce qu’elles avaientde plus précieux, que toutes ces gares étaient en-combrées au delà de ce que l’imagination peut con-cevoir. Les malles, les valises, les porte-manteaux,les caisses, étaient amoncelés d’un bout de la gare àl’autre en un tas qui atteignait la hauteur de deuxétages au moins. Des gens qui ne voulaient pas quit-ter leurs bagages étaient là, allant, venant, récla-mant, priant, pleurant, se désespérant. D’autres,les heureux, les insouciants, partaient, laissant à desdomestiques le soin de faire enregistrer leurs colis;heureux lorsque ceux-ci, à force de batailler, de sedisputer, de s’empoigner avec les hommes d’équipe,parvenaient à expédier le tout après quatre ou cinqjours de faction et de bivouac. Quant à ceux qui par-tirent en laissant aux administrations le soin de fairesuivre leurs effets, ils les reçurent... deux ou troismois après la fin du siège.