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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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128 JOURNAL d’üW OFFICIER D’ORDONNANCE.

C’est en pareille occurrence qu’il fait bon être quel-que chose d’officiel. L’officier du gouverneur n’eutqu’à se présenter à la gare pour que sa voiture dedéménagement fût amenée directement sur le quai,poussée contre un fourgon et déchargée en quelquesminutes, sans que personne pût soupçonner la pro-venance et la destination de ce qu’elle contenait.

J’avais remis à Joseph, chef du convoi, quelqueslignes pour l’Impératrice, lui exprimant mon dé«irde lui être utile, la priant de disposer de moi, etd’agréer les hommages d’un Français pour qui elleétait non seulement une souveraine, mais une femmemalheureuse.

Le lendemain, homme, bagages, missive, tout étaitarrivé à destination, et le surlendemain je recevais àtaon tour le billet suivant, que Joseph avait cru devoircoudre entre la doublure et l’étoffe de son completfritannique. Par excès de précaution, le billet n’étaitpas signé, mais il était de la main de l’Impératrice.

Marine-Hôtel, Hastings.

Je vous remercie de la lettre que je viens de recevoir.Elle me touche profondément. Je dois être laconique ici,mais mon cœur n’en sent pas moins. Croyez, Monsieur, quej) serai heureuse un jour de vous le dire de vive voix.

Pour ne pas allonger le récit de ce qui a traitaux effets personnels de la famille impériale et pourn’y plus revenir, je dirai que mon service auprès dugouvernement nécessitant chaque jour davantage età tout instant, même la nuit, ma présence au Louvre,