136 JOURNAL D’UN OFFICIER D’ORDONNANCE.
Paris, 1 er octobre 1870.
A M. Vavin, liquidateur de la liste civile.
Monsieur,
J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien faire emballerpar vos soins et aux frais de qui de droit, les effets de lafamille Impériale qui peuvent encore se trouver aux Tui-leries, et de les remettre à M. d’Irisson d’IIérisson, qui acharge do les recevoir.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentimentstrès distingués,
Le préfet de police,
Comte de Kératry.
Ce qui est bien humain, ce dont il faut se hâter derire pour n’être pas obligé d’en pleurer, comme ditBeaumarchais, c’est que cette famille impériale quiavait répandu autour d’elle des millions, devant quitoute la France venait de se prosterner et qu’elleacclamait pour la troisième fois par un plébiscite âgéde cinq mois à peine, ne trouvait plus personne quivoulût avancer les frais d’emballage et de transport.Ce fut la modeste bourse du petit capitaine qui dut ypourvoir.
Quand tout fut prêt, j’insistai auprès du liquidateurde la liste civile, M. Vavin, pour qu’on ne laissât pasmoisir tous ces objets précieux dans les Tuileries.Certes, je ne me serais jamais imaginé qu’un jourallait arriver où du palais superbe il ne resterait plusque des pierres calcinées et des scories, et pourtantj’avais je ne sais quelles inquiétudes. Est-ce qu’on