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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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146 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.

France à elle toute seule. Pourtant il eût été biendoux de rendre une couronne à qui lui en avait donnéune !

Et Trochu vient gâter ce rêve généreux !

11 a beau protester de sa fidélité, de son dévoue-ment, on lui montre qu’on n’en croit pas un mot.

« Je suis Breton, catholique et soldatl » —Gelafait rire.

Ah 1 bien amère dut être la coupe qu’on imposa àses lèvres en cette seconde quinzaine d’août, et aufond de laquelle il ne trouvait que chagrins, regretset dégoûts.

Lorsque l’Empereur reçut cette fameuse dépêchelui intimant en quelque sorte l’ordre de ne pas reve-nir, il dut être bien surpris, si quelque chose pouvaitencore alors surprendre ce grand sceptique. Mais ilétait décidé à n’en pas tenir compte. Il avait promisau général Trochu. Il voulait revenir quand même.Et peut-être l’idée de faire campagne avec Trochune lui déplaisait-elle point. Du reste, l’Empereur, touten subissant l’influence d’un entourage qui exécraitle général, aimait et appréciait le commandant du12 e corps. Un jour même, causant de lui avec quelquesintimes aux Tuileries :

— Ça n’empêche pas, avait-il dit en riant, que Tro-chu est encore le plus fort de tous.

C’est alors qu’un homme d’un immense talent,d’une non moins grande honorabilité, et dont la viea été un modèle de désintéressement que l’antiquitéeût immortalisé, fut envoyé auprès de l’Empereur,