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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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152 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.

ftolférino, Alexandre II après la prise de Sébastopol,et tant d’autres, sans vouloir remonter dans le passé?Il n’y a pas de honte à être battu quand on a bienfait son devoir, et que l’armée qui vous écrase mérite savictoire en se battant bien, elle aussi. Quant aux inté-rêts matériels, je suis d’un avis diamétralement opposéau vôtre, mon cher contradicteur. Les peuples ont desgouvernements pour veiller à leurs intérêts matériels,et jusqu’ici, depuis bien longtemps, ces gouverne-ments accomplissent misérablement leur tâche ici-bas.Voulez-vous me dire ce que nous a rapporté la Gri-mée? Rien. Le Mexique? Rien. La Chine? Rien.Toutes les guerres de Napoléon? Rien. C’est au pointque les Anglais disent de nous : « Les Français sebattent pour le plaisir de vaincre. » Et ils ont rai-son. Quand on nous bat, ce sont nos territoires etnos millions qui payent les frais. Quand nous battonsles autres, nous abandonnons volontiers à autruile prix de notre sang. Regardez l’Angleterre, etmodelez-vous sur elle, non pas tout à fait, mais unpeu.

— Alors, dit quelqu’un, qu’aurait-il fallu faire,selon vous ?

— Une chose bien simple, accepter la propositionde Palikao, proposition inconstitutionnelle qui rem-plaçait le gouvernement impérial par un comité, etcharger ce comité de dire à la Prusse : « Vous avezdéclaré que vous faisiez la guerre, non à la France,mais à l’Empereur. Eh bien, l’Empereur est vaincu,prisonnier, traitez avec lui. Arrangez-vous ensemble-