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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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PARIS BLOQUÉ.

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soldats présentaient les armes en criant : « Vive Tro-chu !» ou : « Vive la République ! » et la population,agitant chapeaux, casquettes, mouchoirs et ombrelles,luttait avec l’armée d’assourdissantes acclamations.

J’avoue qu’en contemplant toutes ces figures en-thousiasmées, tous ces yeux brillants, en entendantmugir toutes ces poitrines solides, je me figurai fer-mement que rien ne résisterait à cette multitude fié-vreuse. Trochu, je le sais, crut à la défense ce jour-là. J’ignore combien dura sa conviction.

A la hauteur du faubourg Poissonnière, la revue futégayée par un incident à la fois comique et touchant.

Un vieil amiral, à grands favoris et à longs cheveuxblancs, commandait les troupes postées dans ces pa-rages. Il montait une bête jeune et fougueuse, quisemblait lui inspirer des inquiétudes par sa pétulanceet ses impatiences à chaque sonnerie de clairons, àchaque roulement de tambours.

Il s’avança au-devant du gouverneur, qui fit fairehalte à son escorte, afin de bien marquer sa défé-rence envers l’un des chefs de nos meilleurs troupes :les marins.

Arrivé à dix pas du gouverneur, l’amiral arrête soncheval qui frappait le macadam à coups de sabot, etexécute le salut du sabre. La bête, en voyant passerdevant son œil droit la lame brillante, pirouette surses deux pieds de derrière et part au galop.

L’amiral, qui ne veut pas compromettre la réputa-tion de cavalier intrépide que poursuivent, par amourdes contrastes, tous les officiers de marine, dompte