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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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UN DIPLOMATE AMATEUR. 171

Ce voyage du général Burnside me mit pour lapremière fois en rapport avec Jules Favre. C’est à lasuite de ces entrevues qu’il me demanda commesecrétaire au général Trochu, lorsqu’il fut obligéd’aller solliciter la paix à Versailles. Il savait quej’avais été élevé dans les Universités d’Allemagne, etcroyait que ma connaissance du caractère allemandpouvait lui servir dans ces tristes négociations.

Au cours de ces entrevues mêmes, je pus constatercombien nous était hostile et combien nous desser-vait le ministre des États-Unis, M. Washburne. Au-tant le général Burnside nous témoigna de sym-pathie, autant ce diplomate paraissait en ressentirpour nos ennemis victorieux. Encore un exemple prissur le vif de cette vérité que le Français a été pré-destiné par le Créateur au rôle de dupe. Sans nous,l’Amérique appartiendrait peut-être encore à l’An-gleterre. Sans la naïve noblesse française, les Anglaisseraient probablement venus à bout de leurs sujetsrévoltés à cause de droits fiscaux sur le thé ou lepapier. Nous pouvons nous dire que nous avonspresque fait l’Amérique. Elle s’en souvenait à ce mo-ment pour acclamer la Prusse. L’Italie, cette fille néedans notre sang, lui donnait l’exemple d’une ingrati-tude encore plus répugnante, puisque le bienfait étaitplus récent.

M. Washburne trouvait mille manières de nous té-moigner son antipathie : une, entre autres, qui mefrappa, car elle était ingénieuse et quasi italienne.Il recevait les journaux américains. Lorsqu’il nous