230 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.
comité, et on lui adjoint Flourens, Victor Hugo,Félix Pyat, Delescluze, Ledru-Itollin, Schœlcher, LouisBlanc, Blanqui, Millière. On annonce la formation dece comité et les élections immédiates pour la Com-mune, au moyen de bulletins lancés des fenêtres surla place. On acclame les bulletins. Ces gens-là étaientpossédés de la manie d’acclamer continuellementquelqu’un ou quelque chose.
Le malheureux Dorian faisait peine à voir. Placéentre sa popularité et son devoir, il aurait bien voulugarder la première et accomplir le second. 11 allait desinsurgés qui criaient : Vive Dorian! au gouvernementqui ne disait rien, essayant de tamponner, de cal-feutrer, de concilier.
Vers six heures, Edmond Adam parvient à s’échap-per. Il feint de se trouver mal, se débat, se fait bous-culer par des agents déguisés, -car il y en avait mêmelà, et disparaît pour rejoindre Picard.
A huit heures, remous; les gardes nationaux sontécartés dans le salon jaune par un flot d’hommesrésolus. C’est le 106° bataillon, commandé par M.Ibos,qui arrive, pénètre dans la salle, entoure Trochu, lesaisit et l’emporte. Derrière lui, dans son sillage, Ferry,Pelletan, Arago, réussissent à partir.
Les gardes insurgés se reforment devant les autresmembres du gouvernement, et les rejettent dans lasalle.
Favre, Simon, Garnier-Pagès, Leflô et Tamisierrestent seuls,et retournent à leur chaise devant la table.
Au milieu des allées e' venues de Dorian, de ses