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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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230 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.

comité, et on lui adjoint Flourens, Victor Hugo,Félix Pyat, Delescluze, Ledru-Itollin, Schœlcher, LouisBlanc, Blanqui, Millière. On annonce la formation dece comité et les élections immédiates pour la Com-mune, au moyen de bulletins lancés des fenêtres surla place. On acclame les bulletins. Ces gens-là étaientpossédés de la manie d’acclamer continuellementquelqu’un ou quelque chose.

Le malheureux Dorian faisait peine à voir. Placéentre sa popularité et son devoir, il aurait bien voulugarder la première et accomplir le second. 11 allait desinsurgés qui criaient : Vive Dorian! au gouvernementqui ne disait rien, essayant de tamponner, de cal-feutrer, de concilier.

Vers six heures, Edmond Adam parvient à s’échap-per. Il feint de se trouver mal, se débat, se fait bous-culer par des agents déguisés, -car il y en avait mêmelà, et disparaît pour rejoindre Picard.

A huit heures, remous; les gardes nationaux sontécartés dans le salon jaune par un flot d’hommesrésolus. C’est le 106° bataillon, commandé par M.Ibos,qui arrive, pénètre dans la salle, entoure Trochu, lesaisit et l’emporte. Derrière lui, dans son sillage, Ferry,Pelletan, Arago, réussissent à partir.

Les gardes insurgés se reforment devant les autresmembres du gouvernement, et les rejettent dans lasalle.

Favre, Simon, Garnier-Pagès, Leflô et Tamisierrestent seuls,et retournent à leur chaise devant la table.

Au milieu des allées e' venues de Dorian, de ses