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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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PAHîS.

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navez pas seulement été fidèles, vous avez été aussihéroïques, car on a trouvé souvent vos petits corpsgelés et tombés au pied des arbres vous aviezcherché asile, en ces nuits terribles, le froid faisaitdescendre le mercure à vingt-cinq degrés au-dessousde zéro.

Mais nous sommes, nous autres, aussi ingrats quevaniteux. La France vous a traités comme elle traiteses grands hommes, ô pigeons voyageurs ! Non seule-ment elle vous a oubliés, mais après le siège combiendentre vous nont-ils pas terminé leur épique carrièreau fond dune casserole, tandis que vos fils étaientdéshonorés par le transport quotidien des ineptiesversaillaises !

Eh bien, moi, je lavoue, je suis assez chauvin ouassez bête, comme on voudra, pour navoir jamaismangé un pigeon depuis quatorze ans.

Lors donc quun ballon partait, il emportait sus-pendus à ses cordages des paniers se becquetaientde nombreux couples de pigeons voyageurs. Quand leballon échappait aux Allemands, quand les pigeons,par conséquent, nétaient pas accommodés à la chou-croute et aux saucisses, il les portait au siège dugouvernement, et on les chargeait de dépêches dela façon suivante :

La queue de ces oiseaux est composée de neufgrandes plumes : sur celle du milieu on fixait un petittube de plume dans lequel était enroulée la dépêcheécrite sur un morceau de papier pelure et infinimentréduite par la photographie.