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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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294 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

il tourna légèrement la tête comme quelquun quina pas confiance.

Vous êtes sûr des noms, me dit-il?

Jen étais dautant plus sûr que je les lisais sur mmanchette.

Bien, reprit-il. Vous avez fourni une longuecourse. Restez près de moi : je vais faire marcher cesmessieurs.

Appelant alors successivement plusieurs officiersdordonnance, il les fit partir lun après lautre, por-teurs dordres divers.

Le général Trochu avait lair content, et sa figure,assez habituellement renfrognée, était positivementplus ouverte quà lordinaire.

Nous nous portions tantôt sur un point, tantôt surun autre, partout lon se battait et il jugeaitque sa présence pourrait donner du courage et delentrain aux troupes.

A un moment, deux ou trois cents mobiles, en dés-ordre, revinrent sur nous tout courant et tournantle dos à lennemi. Létat-major se déploya devant euxcomme un véritable escadron de gendarmerie, et ilssarrêtèrent, assez piteux, à la vue du gouverneurqui les interpellait.

Ce diable dhomme, même sous le feu, savait fairedes phrases charmantes, distinguées, persuasives,correctes. Il les rassembla et leur adressa quelquesmots affectueux, paternels.

Suivez-moi, leur dit-il enfin.

Marchant alors sur les tirailleurs allemands, il ne