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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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300 JOURNAL D UN OFFICIER D ORDONNANCE.

froid. Javoue que, sous ce rapport, jétais un peu dela garde nationale.

En décembre, à quatre heures et demie, il fait nuit.Ce fut donc dans le crépuscule, que rayaient seulsquelques coups de fusil isolés, tirés-bas, que nousparcourûmes derrière Trochu les rangs des troupesqui venaient de se battre. Ducrot nétait point. Ilavait au cou une éraflure produite par un éclat dobus,et se reposait quelques instants.

Quand nous rentrâmes à Vincennes, derrière nousla plaine qui précède Champigny, les bords de laMarne qui décrit devant cette plaine une boucle bienconnue des Parisiens, étincelaient de grands feux allu-més par les soldats.

Je nai jamais bien compris, par exemple, pourquoiTrochu crut devoir rendre compte, en style dopéra,de son retour à son logis du fort de Vincennes, pour-quoi il se tint pour obligé dannoncer à lhistoire quilétait bien fatigué, pourquoi, dans sa proclamation, ildéclarait que cette seconde bataille était encore plusdécisive que la première, ni lune ni lautre nétaitdécisive et ne pouvait lêtre ; pourquoi enfin lesexcellents membres du gouvernement éprouvèrent lebesoin de lui adresser une lettre collective et publi-que afin de le féliciter, et de lui apprendre quilsauraient désiré partager ses fatigues et sa gloire. Cepartage eût été facile. Il y avait à Champigny de labesogne pour tous, et si ces avocats répugnaient à somêler aux hommes pour combattre, étant trop âgésou trop pacifiques, ils auraient pu aider les femmes