A VERSAILLES.
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devenu depuis moins d’une semaine l’empereurd’Allemagne.
Après les politesses préliminaires, Jules Favre ayantdit qu’il venait reprendre les négociations de Ferrières,M. de Bismarck avait brusquement répliqué :
— La situation n’est plus la même, et si vous main-tenez votre principe de Ferrières : « pas un pouce, pasune pierre », — il est inutile que nous causions da-vantage. Mon temps est précieux, le vôtre aussi. Jane vois pas la nécessité de le perdre.
Et, changeant d’idée, regardant son interlocu-teur :
— Vous avez beaucoup blanchi depuis Ferrières,monsieur le ministre, ajouta-t-il.
Jules Favre allégua les soucis du gouvernement,les amertumes de la défaite, et le chancelier, revenantà l’objet de l’entretien, exprima l’idée que le ministrevenait bien tard, et annonça qu’il était sur le pointde traiter avec un envoyé de Napoléon III.
La scène se passait dans un petit salon, au premierétage de la maison, et M. de Bismarck désignait à son^interlocuteur une porte derrière laquelle était censéattendre l’ambassadeur de l’Empereur.
Il expliqua que rien ne lui serait plus facile que doramener ce souverain détrôné et de l’imposer à laFrance; que Napoléon III trouverait bien, parmi lesprisonniers français détenus en Allemagne, une arméede cent mille hommes tout à fait dévoués, qui lui suf-firait pour se maintenir le jour où les Allemands seretireraient; qu’au pis aller, il restait encore la res-