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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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devenu depuis moins dune semaine lempereurdAllemagne.

Après les politesses préliminaires, Jules Favre ayantdit quil venait reprendre les négociations de Ferrières,M. de Bismarck avait brusquement répliqué :

La situation nest plus la même, et si vous main-tenez votre principe de Ferrières : « pas un pouce, pasune pierre », il est inutile que nous causions da-vantage. Mon temps est précieux, le vôtre aussi. Jane vois pas la nécessité de le perdre.

Et, changeant didée, regardant son interlocu-teur :

Vous avez beaucoup blanchi depuis Ferrières,monsieur le ministre, ajouta-t-il.

Jules Favre allégua les soucis du gouvernement,les amertumes de la défaite, et le chancelier, revenantà lobjet de lentretien, exprima lidée que le ministrevenait bien tard, et annonça quil était sur le pointde traiter avec un envoyé de Napoléon III.

La scène se passait dans un petit salon, au premierétage de la maison, et M. de Bismarck désignait à son^interlocuteur une porte derrière laquelle était censéattendre lambassadeur de lEmpereur.

Il expliqua que rien ne lui serait plus facile que doramener ce souverain détrôné et de limposer à laFrance; que Napoléon III trouverait bien, parmi lesprisonniers français détenus en Allemagne, une arméede cent mille hommes tout à fait dévoués, qui lui suf-firait pour se maintenir le jour les Allemands seretireraient; quau pis aller, il restait encore la res-