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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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332 JOURNAL ütlN OFFICIER DORDONNANCE.

source de convoquer quelque part lancien CorpsLégislatif, et de traiter avec lui.

Il sanimait en parlant, et dit à peu près ceci :

Au fond, pourquoi est-ce que je traiterais avecvous?Pourquoi est-ce que je donnerais à votre Répu-blique une apparence de légalité en signant une con-vention avec son représentant? Au fond, vous nôtesquune bande de révoltés ! Votre Empereur, silrevient, a le droit strict de vous faire fusiller touscomme traîtres et comme rebelles.

Mais sil revient, sécria Jules Favre éperdu, cestla guerre civile, cest lanarchie!

En êtes-vous bien sûr? Et dailleurs, la guerrecivile, en quoi pourrait-elle nous nuire, à nous,Allemands?

Mais, monsieur le comte, vous ne craignez doncpas de nous réduire au désespoir? Vous navez doncpas peur dexaspérer notre résistance?...

Ah! vous parlez de votre résistance! dit le chan-celier en interrompant avec éclat. Ah! vous êtes fierde votre résistance? Eh bien, Monsieur, sachez quesi M. Trochu était un général allemand, je le feraisfusiller ce soir. On na pas le droit, entendez-vous, onna pas le droit, en face de lhumanité, en face deDieu, pour une vaine gloriole militaire, dexposer,comme il le fait en ce moment', aux horreurs de lafamine une ville de plus de deux millions dâmes.Les lignes ferrées sont coupées de tonte part. Si nousnarrivons pas à les rétablir en deux jours, et celanest pas certain, il vous mourra, par jour, cent mille