A VERSAILLES.
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personnes de faim, à Paris. Ne parlez pas de votrerésistance : elle est criminelle!
Jules Favre, tout à fait décontenancé, l’avait prié,supplié, de ne pas infliger à la France, après sesdésastres, la honte de subir un Bonaparte. Puis ilavait commencé à vanter tous les avantages de laRépublique, régime impersonnel, qui, seul, pouvaitsubir les conditions dures ou blessantes du vainqueursans en être renversée, qui, seul, était capable d’as-surer à l’Allemagne l’exécution des traités.
Bref, avant de se séparer, M. de Bismarck avait en-gagé Jules Favre à formuler par écrit les conditionsqui lui paraissaient désirables et qu’ils avaient discu-tées. Le lendemain matin, et après avoir vu l’Empe-reur et M. de Moltke, le chancelier avait remis auministre le plan d’un projet de convention.
Armistice de 21 jours. —Désarmement de l’armée,qui resterait prisonnière de guerre à Paris. — Les an-ciens bataillons de la garde nationale, au nombre desoixante, resteraient armés pourmaintenirl’ordre ; lesautres seraient dissous, ainsi que tous les corps francs.— L’armée remettrait ses armes et ses drapeaux; les offi-ciers conserveraient leur épée. — L’armistice s’éten-drait à toute la France, et on tracerait la situationrespective des deux armées. — Paris payerait uneindemnité de guerre et livrerait ses forts aux Alle-mands. — Ceux-ci n’entreraient point dans l’enceintependant la durée de l’armistice. Les canons garnis-sant les remparts seraient culbutés dans les fossés. —Les élections législatives auraient lieu pour la nomi-
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