334 JOURNAL d’üN OFFICIER D’ORDONNANCE.
nation d’une Assemblée chargée de se prononcer surle traité de paix définitif.
Il n’y avait encore là que les bases de la conventiond’armistice qui fut signée à Versailles, le 28 janvier.Jiiles Favre espérait bien en atténuer les rigueurs, etles négociations continuèrent entre lui et le comte deBismarck jusqu’au jour de la signature. A diversesreprises, pour les choses militaires, M. de Moltke etses officiers, ainsi que deux généraux français, y furentmôles.
J’assistai, en qualité de secrétaire et d’aide de campdu ministre, si on peut parler ainsi, à toutes ces dis-cussions sauf, comme je viens de le dire, àla premièreentrevue. Il serait oiseux, fastidieux pour le lecteurde les suivre pas à pas, et de rapporter les unes aprèsles autres des conversations qui toutes tournaient dansle même cercle. Cependant elles donnèrent lieu à desincidents saillants, caractéristiques, intéressants, quiont fixé mes souvenirs et que je crois utile de rapporter.
C’est en revenant de sa première entrevue avec lechancelier, que le ministre m’avait raconté le résuméde la conversation que j’ai citée plus haut. Il avaittrouvé en rentrant ses collègues réunis à son minis-tère, et leur avait exposé les premiers résultats de saconférence. Ils l’avaient félicité, disant que, dans lasituation désespérée où l’on se trouvait, ce qu’il avaitobtenu était tout ce qu’on pouvait désirer. On avaitabordé l’examen de la contribution de guerre, et JulesFavre avait été autorisé à aller jusqu’à 500 millions,si M. de Bismarck les exigeait.