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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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Le lendemain matin, au lieu de rester à Sèvrescomme la veille, je montai avec Jules Favre dans leberlingot de campagne, et jentrai derrière lui dans lamaison Jessé.

M. de Bismarck, qui ne se levait généralement pasde bonne heure, vint bientôt nous rejoindre drus lesalon du rez-de-chaussée., le ministre me nommaau chancelier, qui me regarda, lespace de deux se-condes, comme on regarde une personne déjà entre-vue, et nous fît monter au premier étage.

La conversation commença. Nous étions tous troisassis autour dune table ronde. Le chancelier causait,Jules Favre répondait; moi je prenais des notes, etfixais sur le papier les dispositions acquises et lesdétails convenus.

Je fus frappé dabord du contraste que présentaientles deux interlocuteurs. Le comte de Bismarck portaitl'uniforme de colonel des cuirassiers blancs : tuniqueblanche, casquette blanche avec turban jaune. Il avaitlair dun colosse.Sanglédanssonuniforme,lapoitrinebombée, les épaules carrées, éclatant de santé, deforce, il écrasait de son voisinage lavocat courbé,maigre, long, désolé, dans sa redingote qui plissaitde tous les côtés, et sur le collet de laquelle ruisse-laient ses cheveux blancs. 11 ny avait, hélas! quàjeter un regard sur les deux négociateurs, pour re-connaître le vainqueur et le vaincu, le puissant et lefaible.

Jules Favre, ce jour-, insista surtout sur la néces-sité de conserver les armes à toute la garde nationale.