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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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Quand je vis que cela prenait, comme on dit fami-lièrement, je me lançai, et je me mis à « blaguer » àla parisienne avec ces messieurs de la chancellerie.

Ne croyez pas, leur dis-je, entre autres histoires,que nous soyons aussi affamés que cela. Et puis, cheznous, il y a un ressort tel, que ce qui accable les autrespeuples nous fait rire et plaisanter. Ainsi, au com-mencement du siège, on en voulait beaucoup auxsergents de ville. On voulait les noyer tous, ni plusni moins. Alors ils coupèrent leurs moustaches et semirent à circuler par trois, pour se prêter main-forteau besoin. Aujourdhui, on ne pense plus à eux et ilsvont par deux. On affirme quils sont obligés dagirainsi parce que les deux qui restent ont mangé letroisième.

Et les admirateurs du comte de Bismarck, peu variésdans leurs formules :

Quelle gaieté! Cest prodigieux! Ces Parisienssont étonnants! Il ny a queux...

Puis je me mis à leur raconter la campagne deChine, des histoires de lautre monde.

Cela valait mieux, me semblait-il, que de parler depolitique je nentendais rien, ou de la guerre dumoment je naurais trouvé que des sujets attris-tants pour moi.

Mon rôle navait ni limportance ni le caractère decelui de Jules Favre, et je suis même persuadé queles petites concessions que je parvins personnelle-ment à arracher, comme on va le voir, à M. de Bis-marck, je les dus ît mon entrain, à la gaîté persis-