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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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340 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

tante de mon caractère, et à une liberté desprit quejaffectais continuellement.

M. de Bismarck ne ressemble en rien à nos hommesdÉtat. Il nest pas le moins du monde solennel. Il estmême foncièrement gai, et, au milieu des plus gravesquestions,il lance volontiers uneplaisanterie, un traithumoristique sous lequel on sent toujours la griffepuissante du lion.

Il faut croire, au reste, que mes histoires ne luidéplaisaient point, car je lis dans le livre du docteurMoritzBusch, son secrétaire, intitulé : le Comte de Bis-marck et sa suite pendant la guerre de France :

En échange de ces historiettes et dautres, le chef ra-conta à dHérisson différentes choses quon pouvait ne pointencore savoir dans les clubs et les salons parisiens, et quony apprendrait avec plaisir. Par exemple, la conduite deRothschild à Ferrières, et la métamorphose par laquelle legrand-père Amschel, dun petit juif en devint un grand,grâce à lÉlecteur de Hesse. Il lappela à différentes reprisesjuif de la cour, et en vint ainsi à caractériser les juifs de lanoblesse polonaise.

M. de Bismarck, en effet, me raconta quon avaiteu vivement à se plaindre de laccueil fait aux Alle-mands à Ferrières. Cétait, daprès lui, lintendantdu baron de Rothschild plutôt que le baron lui-même,quil fallait accuser. « Mais, ajouta-t-il, tel maître, telvalet. »

Et il partit de pour me dire combien en Alle-magne on déteste et on méprise les juifs, commentla bonne société les tient à lécart.