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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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Franchement, il métait impossible de le suivre surce terrain, et je lui confessai quen France, pour lemoment, nous navions pas les mêmes répugnances.Il devait bien comprendre dailleurs que je ne pouvaispartager ses sentiments, et que, officier français, jétaisdautant plus disposé à admirer le courage du baronde Rothschild, quen montrant ce courage le baronrisquait plus que bien dautres. Il est bien possibleque le grand-père Amschel ait beaucoup aimé largent ;mais, aujourdhui encore, alors que bien des annéesont passé sur cette conversation, il me faut constaterque ses petits-fils, tout en aimant cet argent, saventle dépenser non seulement royalement, mais intelli-gemment, mais artistiquement.

Je ne puis oublier que, tout récemment encore,lorsque je voulus entreprendre des explorationsscientifiques et des recherches archéologiques quisont plus honorables pour les nations que lucrativespour ceux qui les subventionnent, cest dans la hautesociété israélite que jai trouvé les quatre cinquièmesdes fonds nécessaires.

Je me hâtai donc de détourner la conversation duterrain antisémitique M. de Bismarck la plaçait,et je lui fis raconter des histoires de chasse.-dessusil est intarissable.

Quand nous remontâmes pour trouver Jules Favre,qui écrivait toujours, la glace était rompue, et le plé-nipotentiaire français parut tout à fait étonné destermes familiers quemployait le chancelier pour ter-miner avec moi la conversation entamée à table.