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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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342 JOURNAL DüN OFFICIER DORDONNANCE.

Et voilà que ce môme soir, comme une grande co-quette qui désire se montrer sous tous les aspects,M. de Bismarck, après mavoir ébloui par les traitspétillants dune bonne humeur à la fois rude et char-mante, allait me faire entendre les éclats dune colèreformidable. Pour me servir dune métaphore plusappropriée à cet homme véritablement grand, javaisentendu le lion au repos ronronner comme un chatquon caresse, jallais lentendre rugir furieusement,debout, la queue droite et la crinière au vent.

Au cours de ces longues et pénibles négociations,je me souviens davoir vu trois fois le chancelier delEmpire sérieusement en colère. Je vais conter cettepremière crise demportement ; la seconde se produisità propos de la défense de Saint-Quentin, que M. deBismarck jugeait en chef allemand furieux davoir vuune ville ouverte forcer, par une résistance inat-tendue, une armée allemande à revenir sur ses pas,et couvrir la retraite dune armée française. Il nepouvait pardonner au courage et au patriotisme dunsimple lieutenant, devenu commandant par la forcedes choses, davoir surpris le grand état-major alle-mand et davoir dérangé ses calculs. Ce lieutenantétait mon ami, M. Xavier Feuillant.

Enfin jeus lhonneur dexciter personnellementla troisième crise de cette colère grandiose dans descirconstances que je raconterai bientôt, et je fusplus heureux que prudent : felicior qmm prudentior,dit la syntaxe du bon Lhomond.

Donc, ce soir-, il sagissait de Garibaldi.