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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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346 JOURNAL üUN OFFICIER DORDONNANCE

Jentends, dit-il à Jules Favre, que nous le lais-sions, lui et son armée, en dehors de nos conditionsdarmistice. Ce nest pas un des vôtres. Vous pouvezbien me labandonner. Il a en face de lui un petitcorps darmée dont leffectif est égal, ou à peu près, ùcelui de ses troupes. Quils se débrouillent ensemble.Ne nous occupons pas deux.

Jules Favre répondit que cela était tout à fait im-possible. Certes, on navait pas demandé laide deGaribaldi. Une première fois, il avait offert son con-cours et celui de ses deux fils au gouvernement de laDéfense nationale, par une dépêche adressée à Itocbe-fort, le 5 septembre, au matin. On avait refusé ce con-cours. Mais les circonstances ayant fait du condottiereitalien le général dun corps darmée français, ceserait une lâcheté à lui, représentant de la France,dabandonner Garibaldi, de lexclure dun armisticequi devait profiter à tous, et, par contre-coup, soncorps darmée, composé à peu près uniquement deFrançais.

La province, du reste, en acceptant les offres deservices de Garibaldi, que Paris avait cru devoir décliner, avait enveloppé cet étranger dans les plis du dra-peau national, et il était impossible de labandonner.

Pendant cette allocution, bien plus longue et cer-tainement plus éloquente que le pâle résumé que jentrace, et tandis que Jules Favre prouvait que l'hon-neur du pays était engagé dans une pareille question,la colère du comte de Bismarck avait augmenté.

Il sagitait sur sa chaise; il avait même posé son