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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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352 JOURNAL düN OFFICIER DORDONNANCE.

cependant mexécuter, et, une fois en voiture, le géné-ral mavait dit :

Je vous ai fait monter parce que, tout à lheure,cest de ce côté de la voiture quil faudra vous tenircomme interprète. Je ne vous en veux pas davoirvoulu me céder le pas. Mais retenez quentre mili-taires surtout, la première politesse cest lobéissance.

Javais été mortifié, et la leçon sétait gravée dansma mémoire. Jécoutai donc sans protester la lettredu général au prince Wittgenstein. Cétait un petitchef-dœuvre de style et de sentiment. Lancien gou-verneur sadressait au cœur de son vieux camarade,à ses sentiments dhonneur, déquité, et, sans sabais-ser, le suppliait de peser, autant quil serait en sonpouvoir, sur lesprit de lEmpereur dont il était laidede camp et lami, afin que Paris vaincu fût respecté,comme il méritait de lêtre.

Après cette lecture, le général ajouta :

Il ne sera pas dit que je naurai pas tout entre-pris dans lintérêt de la ville que jai été chargé dedéfendre.

Je cachetai moi-même la lettre et je lemportai.

LEmpereur demeurait à la Préfecture, dans cemôme bâtiment qui allait bientôt servir de palais àM. Thiers. Le prince Wittgenstein était de serviceauprès de lui. Je me dirigeai vers la demeure im-périale, à la porte de laquelle un factionnaire croisala baïonnette devant moi : le brave Saxon ne pouvaitcomprendre quun militaire français armé eût lau-dace de chercher à pénétrer chez son souverain. Lof-