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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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A VERSAILLES.

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ficier du poste ne partagea point les scrupules de sasentinelle, et me fit conduire par un planton à lap-partement du prince.

Si je raconte cet épisode assez insignifiant, cestparce que le spectacle que présentait alors la salle desPas-Perdus, servant de vestibule ou de salon dattenteaux appartements impériaux, me frappa et me remuaprofondément.

attendait une véritable armée de généraux, dof-ficiers de tout grade, de tout âge et de toutes armes,tous en grand uniforme battant neuf, tous chamarrésde broderies, de grands cordons, de décorations detoute espèce. Les casques étincelaient, les molettesdes éperons bruissaient, les sabres sonnaient sur lesdalles de marbre. Et quelles carrures athlétiques etfières, quels regards brillants de joie, chargés dor-gueil ! Quelle assurance tranquille et reposée !

Tout cela respirait le succès, la santé, lopulence etla force.

Au moment jarrivais, lEmpereur sortait. Lesgrenadiers présentaient les armes, on entendait dansla cour le bruit des bottes dune troupe qui saligne,les piaffements et les hennissements dun troupeaude chevaux fringants qui attendaient leurs maîtres,quelques commandements brefs dofficiers, et, aumilieu de haies vivantes dofficiers courbés, par-dessusles dos arrondis que zébraient les cordons multico-lores, je vis passer, du coin je métais précipitam-ment enfoncé et caché, le moderne Charlemagne,proclamé une semaine auparavant, dans la grande

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