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Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
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354 JOURNAL düN OFFICIER üoRDONNANCE.

galerie des glaces du palais de Louis XIV, le souverainmaître qui nous tenait tous sous son genou et quisavançait, calme, souriant, le casque à la main, lais-sant voir sa tête de vieillard et sa physionomie à lafois paternelle et rude.

Et quand, par la pensée, je franchis, avec la vitessede 'éclair, la route parcourue déjà si souvent, et que jerevis nos généraux tristes, sombres, sans suite, sansescorte, fuyant en quelque sorte les troupes quilsavaient commandées, ces uniformes souillés, fati-gués par les travaux du siège, et ces pauvres soldatsdéguenillés, je retrouvai agrandi, élevé à la hau-teur de lépopée, le contraste navrant que me pré-sentaient journellement, dans le petit salon de larue de Provence, les ministres des deux nations,Bismarck le colosse, et Jules Favre lurne lacryma-toire.

Je me mordis les lèvres jusquau sang pour refoulerun sanglot, devant cette involontaire résurrection,dans mon cerveau, de nos malheurs et de nos hontes,se dressant en face de ces gloires et de ces prospé-rités...

Le même jour encore jentendis un curieux échangedimpressions et dopinions entre M. de Bismarck etJules Favre, car il ne faudrait par croire quils cau-sassent tout le temps uniquement de lobjet de leurmission. La conversation, généralement guidée par lechancelier, ségarait souvent et effleurait capricieuse-ment tous les sujets possibles.

Jules Favre venait de parler de lamour de la