Buch 
Journal d'un officier d'ordonnance : Juillet 1870 - Février 1871 / par le Comte d'Hérisson
Entstehung
Seite
365
JPEG-Download
 

A VERSAILLES.

365

étaient bien réglées, ainsi que les nôtres, dailleurs,car avant que le deuxième coup de timbre se fût en-volé de la vieille horloge, un silence imposant, solen-nel, lugubre, régnait partout.

On me croira si lon veut, mais il me sembla quilme manquait quelque chose.

Et je ne suis pas sûr que bon nombre de Parisiensdéjà endormis dans la ville sans gaz, les veilléesnattardaient plus personne, ne se soient réveillés,tirés, par le silence de latmosphère, du sommeilcommencé.

Ainsi les habitants du quartier des Halles, quebercent toute la nuit les roulements des charrettesdes maraîchers sur les pavés, séveillent en sursautau milieu des tranquillités de la campagne.

Le lendemain, Paris sut quon négociait et quunarmistice allait être signé. Quelques exaltés protes-tèrent, annoncèrent des résolutions désespérées, par-lèrent de sortir, de se faire sauter. Personne ne sor-tit. Rien ne sauta. Au fond, Paris en avait assez. Iléprouvait le besoin de passer à un autre exercice.

Avant de terminer par un épisode dramatique etimprévu le récit de ces négociations, je désire ra-conter un détail que je passerais sous silence si lepersonnage quil concerne navait pas, depuis cetteépoque, fait une grande fortune politique et tenu uneplace considérable dans ce pays.

Officiellement, la question du ravitaillement pri-mait toutes les autres ; je dis officiellement, parce queje suis persuadé que très peu de gens ont connu la