A VERSAILLES.
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étaient bien réglées, ainsi que les nôtres, d’ailleurs,car avant que le deuxième coup de timbre se fût en-volé de la vieille horloge, un silence imposant, solen-nel, lugubre, régnait partout.
On me croira si l’on veut, mais il me sembla qu’ilme manquait quelque chose.
Et je ne suis pas sûr que bon nombre de Parisiensdéjà endormis dans la ville sans gaz, où les veilléesn’attardaient plus personne, ne se soient réveillés,tirés, par le silence de l’atmosphère, du sommeilcommencé.
Ainsi les habitants du quartier des Halles, quebercent toute la nuit les roulements des charrettesdes maraîchers sur les pavés, s’éveillent en sursautau milieu des tranquillités de la campagne.
Le lendemain, Paris sut qu’on négociait et qu’unarmistice allait être signé. Quelques exaltés protes-tèrent, annoncèrent des résolutions désespérées, par-lèrent de sortir, de se faire sauter. Personne ne sor-tit. Rien ne sauta. Au fond, Paris en avait assez. Iléprouvait le besoin de passer à un autre exercice.
Avant de terminer par un épisode dramatique etimprévu le récit de ces négociations, je désire ra-conter un détail que je passerais sous silence si lepersonnage qu’il concerne n’avait pas, depuis cetteépoque, fait une grande fortune politique et tenu uneplace considérable dans ce pays.
Officiellement, la question du ravitaillement pri-mait toutes les autres ; je dis officiellement, parce queje suis persuadé que très peu de gens ont connu la