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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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EN CAMPAGNE.

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son pareil. Gai, limagination toujours en éveil, les sensjamais lassés, il possède au suprême degré lart de mettretout le monde à son aise; cest un sympathique. Les banquetsauxquels il convie ses amis durent habituellement trois jours ettrois nuits, Gordon en sortant malade chaque fois et Lefortne paraissant sen ressentir daucune façon. Au cours du pre-mier voyage de Pierre à létranger, il étonnera les Allemandset les Hollandais eux-mèmes par ses capacités de buveur.En 1699, ayant bu plus quà lordinaire, il imaginera dacheverle festin en plein air, au mois de février! Cette folie luicoûtera la vie; mais un pasteur venant lui offrir les consola-tions suprêmes, il le congédiera gaiement, demandera du vinencore et des musiciens, et expirera doucement, aux accords delorchestre (1). Cest le type accompli du viveur à grande allure,dune espèce à peu près disparue aujourdhui, mais ayant faitsouche durable en Russie. Presque aussi grand de taille quePierre, plus vigoureux encore, il excelle à tous les exercicesdu corps, bon cavalier, tireur merveilleux, même à larc, chas-seur infatigable. Avec cela une jolie figure et des manières gra-cieuses; une instruction très rudimentaire, mais des talents depolyglotte : il parle litalien, le hollandais, langlais, lallemandet le slavon. Leibnitz, qui cherche à gagner sa faveur pendantson séjour en Allemagne, dit quil boit comme un héros, maisajoute quon lui trouve beaucoup desprit (2). Sa maison nestpas seulement un rendez-vous de gais compagnons ; des damesy viennent aussi, des Écossaises au fin profil, des Allemandesaux yeux rêveurs et de plantureuses Hollandaises. Les unes etles autres ne ressemblent en rien aux recluses des tererns mosco-vites, inabordables derrière les barreaux de fer ou les fatas(voiles) de taffetas; elles paraissent à visage découvert, vontet viennent, rient et causent, chantent les chansons de leurspays et sabandonnent aux bras des danseurs. Dans leurs cos-tumes plus simples, dégageant mieux la taille, elles paraissentplus jolies. Quelques-unes sont de mœurs peu sévères. Cest

(1) Korb, p. 119; Oustrialof, t. III, p. 262-263.

(2) Guerrier, Leibnitz in seinen Beziehungen zu Bussland\ p. 12.