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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LEDUCATION.

tout cela qui attire dabord et captive le futur Réformateur.

Pendant les sept années de la Régence, en dépit des ten-dances communes à Sophie et à Vassili Galitsine, lhistoire dela civilisation en Russie na eu en somme que peu de jours àmarquer dune pierre blanche. Ce gouvernement mal à sonaise dans une situation précaire, tracassé, harcelé, luttantpour lexistence du premier au dernier jour, nétait guère àmême de prendre un autre souci que celui de sa propre con-servation. Mais, depuis le coup dÉtat de 1689 et pendant lessept années qui suivent, cest bien pis. Je lai laissé entendre :cest la réaction antiprogressiste, franchement rétrogrademême. Pierre ny est pour rien, mais il nempêche rien nonplus. Il nest pour rien dans loukase qui chasse les Jésuites,ni dans larrêt en vertu duquel le mystique Kullmann estbrûlé vif sur la Place Rouge. Cest le patriarche Joachim quiimpose ces exécutions, et, en fait, jusquen mars 1690, datede sa mort, cest son autorité qui prévaut dans le gouver-nement. Dans son testament, ce prélat recommande au jeuneTsar de ne pas donner de commandements dans larmée à deshérétiques et de détruire les églises protestantes de la Slo-boda (1). Pierre na nulle envie de lui obéir; il songe même àlui donner, dans la personne du métropolite de Pskof, Marcel,un successeur plus libéral. Mais il nest pas le maître. Marcelna pas été agréé, dira-t-il plus tard, pour trois raisons :1° parce quil parle des langues barbares (le latin et le fran-çais) ; 2° parce que sa barbe na pas la longueur voulue ;3 parce quil met son cocher sur le siège de sa voiture, aulieu de lui faire monter un des chevaux de lattelage. Ilnest pas le maître. En juillet 1690, Gordon écrit à un de sesamis de Londres : » Je suis encore à cette Cour, ce qui meu cause beaucoup de dépenses et dinquiétudes. On ma« promis de grandes récompenses, mais je nai rien reçu« jusquà présent. Quand le jeune Tsar prendra lui-méme le« gouvernement, je ne doute pas que je recevrai satisfac-

(i) Oostrulof, t. II, p. 467.