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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LÉDUCATION.

toujours avec la même ardeur, à lancer des fusées et à com-poser des pièces emblématiques. La vérité est quil y prend ety prendra toujours un plaisir énorme. Cest et ce sera sonsport favori. Il nest pas chasseur. En 1690 déjà, le rendez-vous préféré de ses prédécesseurs pour les parties de véne-rie, à Sokolniki, tombe en ruine. Il a le goût du tapage,comme laura son petit-fils, le malheureux époux de la grandeCatherine. Et il est excessif en tout. Ce sport, auquel il donnemaintenant une bonne partie de son temps, ne va pas, tant ily met peu de mesure, sans danger pour lui et pour les siens.Le 26 février 1690, Gordon mentionne dans son journal lamort dun gentilhomme tué par une fusée de cinq livres.Laccident se reproduit le 27 janvier de lannée suivante.

Les feux dartifice alternaient avec les manœuvres desPotiechnyïé, auxquelles Gordon présidait également et quinétaient pas, elles aussi, exemptes de risques gi'aves. Le2 juin 1690, dans un assaut simulé, Pierre était brûlé auvisage par une grenade, plusieurs officiers recevaient à sescôtés des blessures sérieuses. A quelque temps de, Gordonlui-même était blessé à la jambe. En octobre 1691, Pierreconduisant en personne une charge lépée nue, officiers etsoldats, excités par ce spectacle, en venaient aux mains pourde bon ; le prince Ivan Dolgorouki était tué dans la mêlée (1).

En elles-mêmes la violence et la rudesse de ces jeux guerriersnavaient rien dabsolument insolite; elles étaient dans lesmœurs du temps. Tout à lheure, se préparant à sa carrière debatailleur enragé, Charles XII renchérira encore, à cet égard,sur son futur adversaire. Un trait particulier et caractéristiqueparaît pourtant dans la petite guerre dont Pierre fait sesdélices : cest la note comique, bouffonne, qui sy mêle tou-^jours, accusant dans lesprit du jeune homme une tendanceparticulière aussi et destinée à un développement considé-rable. La forteresse construite sur les bords de la Iaouza estdevenue une petite ville fortifiée. On y trouve une garnison à

(1) OUSTRIALOF, t. II, p. 186.