Buch 
Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
Entstehung
Seite
74
JPEG-Download
 

74

LÉDUCATION.

lautre. Ce nétait pas dailleurs que devait se porter legrand effort de larmée moscovite. Emmenant avec eux legros des forces disponibles, toute la vieille armée de lempire,celle qui avait accompagné Galitsine dans ses néfastes entre-prises contre les Tatars, les boïars suivraient simplement latrace de ses pas et recommenceraient sa campagne, avec lemême succès. La tentative sur Azof nétait quune pointe ac-cessoire, un coup de main isolé, linitiative du jeune Tsardevait se donner carrière. On était content, dans lénormecamp qui sacheminait dautre part vers la Grimée, dêtrequitte de sa présence, et on le laissait faire. Il ne se mettaitpas non plus en grande dépense de préparatifs. Dans sa pensée,quaccuse nettement une de ses lettres écrite au début de lex-pédition (1), celle-ci ne serait quune suite des grandes ma-nœuvres dont la forteresse de Presbourg avait été le centre. IIcomptait prendre la ville par surprise. Il se retenait, toutefois,de confier ses régiments « de plaisance » aux chefs improvisésquil leur avait imposés naguère dans les combats burlesqueslivrés sur les bords de la Iaouza. Ces combats lavaient convaincuapparemment quil était arrivé à posséder, dans les troupes quiy avaient pris part, une force militaire sérieuse, susceptibledaffronter la grande guerre ; mais apparemment aussi il avaiteu conscience que laventure à courir, étant autre cette fois,réclamait dautres précautions. Il avait donc donné congé auxrois de Presbourg et de Pologne ; mais, en même temps, fidèleà des errements abandonnés depuis longtemps dans lart mili-taire de lOccident, il avait voulu diviser le commandementsuprême. Son corps darmée, figuraient tous les régimentsde formation nouvelle, ceux delà garde, celui de Lefort, avecquelques détachements de miliciens, milice urbaine et milicede cour, Streltsy et Tsaredvortsy, en tout trente et un millehommes, possédait trois généraux en chef, Golovine, Gordonet Lefort (2).

(1) 16 avril 1695, à Apraxine. Écrits et Correspondance, t. I, p. 28.

(2) Petrof, La force armée de la Russie , Moscou, 1892 (ouvrage publié sousles auspices du Ministère de la guerre), t. II, p. 4.