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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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EN CAMPAGNE.

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usage ; il va en construire une autre à Voronèje, dans le bassinmême du Don. 11 se heurte à des difficultés énormes, impos-sibles à vaincre, croirait-on. Les ouvriers embauchés à létran-ger sont longs à arriver et se sauvent quand ils ont vu le payset la besogne à faire; les ouvriers indigènes gâchent louvrage,nentendent rien à ce quon leur demande et, maltraités, dé-sertent, eux aussi, en masse; les forêts, que lon met à contri-bution pour les bois de charpente, brûlent par centaines delieues carrées; les collaborateurs dordre plus élevé, officiers,ingénieurs, médecins, imitent, en les exagérant, les écarts deconduite dont le maître donne encore lexemple. Scènes dor-gie, querelles, rixes sanglantes. Le général et grand amiralLefort est mis en demeure, par courrier, de rendre compte decertains détails se rapportant à ladministration de son dépar-tement, et il commence ainsi son rapport : « Aujourdhui, le« prince Boris Alexiéiévitch (Gali.tsine) dînera chez moi et nous« boirons à Votre santé. Je crains quà Voronèje Vous ne man-« quiez de bonne bière ; je Vous en apporterai, ainsi que du« vin de muscat (1). » Il nimporte ! Les travaux ont été com-mencés en automne 1696; le 3 mai de lannée suivante, vingt-trois galères et quatre brûlots sont mis à flot et descendent lecours du Don, en route pour la mer. En tête, sur la galèrePrincipium, construite par lui en grande partie, le capitainePierre Alexiéieffait office de pilote. Suivent, à bord des autresbâtiments, le grand amiral Lefort, le vice-amiral Lima, unVénitien et le contre-amiral Balthazar de LOsière, un Fran-çais. La flotte russe est créée pour de bon cette fois.

Je dois dire de suite quelle ne brille pas encore, et larméede terre avec laquelle elle doit coopérer pour une nouvelletentative sur Azof ne sillustre pas davantage sous le comman-dement de son nouveau généralissime, le boïar Cheïne. Lesrégiments « de plaisance » ont trop pris, décidément, lhabi-tude de plaisanter ; quant aux Streltsy, ils ne sont plus bonsquà assiéger des palais : un coup de canon les met en déroute.

(1) Solovief, t. XIX, p. 227. Comp. Oustrialof, t. IV, l re partie, p. 585et suiv.