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Pierre le Grand : l'education - l'homme - l'oeuvre; d'après des documents nouveaux / K. Waliszewski
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LÉDUCATION.

défensive contre la Suède. Il lui en coûtait cent cinquante millee'cus ; argent perdu ! Pierre se dérobait, lesprit distrait, occupe'ailleurs. En fait de politique, son attention, ou plutôt cellede ses conseillers, était absorbée par les affaires de Pologne, la mort de Sobieski a mis en présence les candidaturesrivales de lÉlecteur de Saxe et du prince de Gonti. Pierretenait pour Auguste contre son compétiteur, cest-à-dire contrela France, cette alliée de la Turquie. Écrivant de Kœnigsbergaux seigneurs polonais, il annonçait catégoriquement linten-tion dintervenir dans la lutte. Une armée, commandée par leprince Romodanovski, sapprocherait des frontières de laLithuanie. Il menaçait déjà !

Lambassade sattarda à Kœnigsberg, dans lattente desévénements, Pierre en profitant dailleurs pour donner satis-faction à ses curiosités, ses impatiences de savoir toujours aussivives. Il en aurait eu de très singulières parfois, comme devouloir assister au supplice de la roue, quil rêvait apparemmentdintroduire dans la procédure criminelle de son pays, pour envarier le répertoire. On sexcusait sur labsence momentanéede tout condamné ayant mérité ce châtiment. Il sétonnait :quoi? tant de façons pour un homme à faire mourir! Que nenprenait-on un parmi les gens de sa suite (1)! Il travaillaitpourtant aussi avec le maître dartillerie, Sternfeldt, et en rece-vait, au bout de quelques semaines, un diplôme en règle,quon a eu tort de prendre trop au sérieux. Trois années plustard, Pierre se trouvant au château de Birzé, en Lithuanie,avec le roi de Pologne, les deux souverains, également éprisdoriginalité, se divertiront au tir à la cible, avec des canons.Auguste touchera le but deux fois, Pierre pas une (2).

Le jeune Tsar est déjà, à ce moment, lêtre bizarre que lemonde européen apprendra à connaître plus tard et dont ilgardera longtemps létonnement et la frayeur; incomparable-ment actif, remuant, fureteur; gai habituellement, plein den-train et de verve plaisante, de bonhomie même, avec des

(1) Pollnitz (baron Charles-Louis), Mémoires, Berlin, 1791, t. I, p. 179.

(2) OuSTRIALOF, t. IV, p. 90.